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Ensemble Théodora – De la théorie musicale des climats – La Françoise et l’Impériale, de Lully à Campra

20 juillet @ 19h00 - 21h00

Eglise de Chastreix

Date et heure

20 juillet @ 19h00 - 21h00

Lieu

Eglise de Chastreix + Google Map

A propos de ce concert

Ce concert est labellisé « La Chaise Dieu » – Voir partenaires

 

A l’aube du XVIIIème siècle une théorie surprenante prend de l’ampleur: la théorie des climats. Celle-ci cherche à cerner la complexité humaine par le biais du climat et de l’environnement. Tant sur le plan anthropologique qu’esthétique, de grands penseurs comme Montesquieu, Dubos et plus tard Rousseau se pencheront sur la question du déterminisme climatique. Sommes-nous le produit de notre environnement? Pour Montesquieu la réponse est claire: “ce sont les différents besoins dans les différents climats qui ont formé les différentes manières de vivre ; et ces différentes manières de vivre ont formé les diverses sortes de lois.”

En musique, le théoricien Tomas Balthasar Janowka suit une logique similaire lorsqu’il commente la diversité des styles musicaux européens. Il dresse dans son traité Clavis ad thesaurum magnae artis musicae (Prague, 1701) une corrélation directe entre les styles musicaux et les facteurs culturels et climatiques dont ils sont issus. Selon lui, le paysage sonore Européen est aussi diversifié que ses nations et leurs différences climatiques: si la France excelle dans la danse, c’est qu’il y fait bon vivre et que les français profitent d’un climat clément. L’Allemagne et ses régions voisines par le sud sont au contraire exposées aux intempéries et produisent de fait une musique sombre, languissante et polyphonique.

C’est autour de ces deux régions que notre programme s’inscrit, la France d’une part et l’Empire Germanique d’autre part. Le répertoire ancré dans la danse de Rebel, Marais et Lully s’oppose à la complexité des harmonies et du contrepoint des cantates de Christian Geist et Martin Cöler.

Réduire la complexité humaine à l’espace que nous habitons exclut toute contextualisation sociale et culturelle, et poussé à l’extrême, tend inévitablement vers une forme de chauvinisme. La troisième partie du programme se détache du format binaire et simpliste évoqué par le théoricien. En présentant des œuvres françaises et allemandes en contrepied de la définition de Janowka, nous espérons montrer les limites de la démonstration climatique. En effet, si les styles nationaux peuvent être reconnus et assumés par les compositeurs français et allemands de cette période, les échanges ne sont pas rares entre les nations et les publications de musiques françaises se multiplient en Allemagne. Ainsi Johann Sigismund Cousser, Dietrich Becker et Georg Muffat vont chercher l’inspiration dans ce style français cristallisé par Lully. De même l’écriture des compositeurs français ne se limite pas à la légèreté de ton de la musique dansée comme nous le verrons par exemple dans le motet d’André Campra. La musique d’orgue française et les motets de Campra et Du Mont sont d’ailleurs largement représentés dans les bibliothèques des cours allemandes, et Cousser lui-même s’essaiera à l’écriture d’un motet à la française, ainsi que d’ouvertures, suites de danses et opéras à la française.

 

 

Louise Ayrton, violon ; Lucie Chabard, clavecin ; Mariamielle Lamagat, Soprano ; Alice Trocellier, viole de gambe.

La Françoise et l’impériale. Théorie musicale des climats

 

A noter :
  • Restauration sur place prévue
  • L’achat d’un ticket donne droit à une boisson gratuite

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Gratuit (-18 ans, demandeur d'emploi, étudiant)

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